30 avril 2007

12/ Les oubliées de Juarez

Synospis (Allo Ciné) : Une journaliste enquête sur une série de meurtres commis aux abords d'usines américaines situées à la frontière de Juarez et d'El Paso. Entre les intérêts américains, les pots-de-vin et la collusion des notables mexicains locaux, les pistes vont s'avérer dangereuses pour la journaliste téméraire… 

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Avec : Jennifer Lopez, Antonio Banderas, Sonia Bragas

J’avais lu de bonnes critiques de spectateurs sur le net, celles de la presse étant plutôt moyennes au sujet du film. Je suis aller le voir par curiosité, voyant la côte des films  dit « sociaux » montée dernièrement et étant bon public, étant facilement touchée par tout ce qui est montré sur écran. Parfois, les images parlent beaucoup plus que les mots et ici l’image m’a beaucoup touché.

J’en suis ressortie convaincue et touchée, parce que c’est un film qui dénonce ce sur quoi les autorités ferment les yeux à la frontière du Mexique et des Etats-Unis. Grâce aux accords d’ALENA, les usines ont fleuri à la frontière mexicaine, des usines servant principalement aux intérêts des USA. Pas de protection sociale pour les employées ouvrières mexicaines, elles travaillent durement et sur des machines dangereuses pendant plusieurs heures non stop et on leur dit toujours d’accélérer la cadence pour produire les téléviseurs, et autres machines technologiques importées aux USA. Ajoutez à cela une réalité que je ne connaissais pas bien du tout, le fait que parmi ces ouvrières, certaines en sortant des usines ont été atrocement mutilé, abusées sexuellement et tuées sans plus de façon et ce depuis 1993. La police mexicaine a donné un chiffre de 400 femmes tuées et celui de 500 femmes disparues, mais il semble que la vérité soit camouflée et qu’elles soient en réalité beaucoup plus nombreuses (dans le film, Dias dit que le nombre approcherait plutôt les 5000 femmes assassinées). Aujourd’hui, la police est toujours incapable d’expliquer qui a commis ces meurtres, et le fait que ces femmes ont été tuées passe sous silence, parce que ça dérange dans la logique capitaliste. On ne peut pas en parler parce que voilà, leurs vies ne valent rien contrairement au profit tiré par les USA de ces usines « maquiladoras ». Sans compter que la police est certainement dans le coup et protège les vrais tueurs, parce que les pots au vin existent, voilà, on paie pour faire taire les gens.

J’ai donc été touchée par ce fait réel, oui, parce que ça a beau être du spectacle cinéma, ça traite d’une réalité de laquelle on se détourne et on ferme les yeux parce que ça ne fait pas beau à voir et qu’on a d’autres priorités. Parfois, je me dis qu’elle est belle notre logique capitaliste et que c’est insensé de faire passer l’argent au premier plan et l’humain au second.

Et puis, j’ai été surprise, parce que je trouve J-Lo plutôt juste dans ce film. Certes, elle a le beau rôle, la journaliste qui n’a d’intérêt que pour l’évolution de sa carrière qui change sa vision des choses après avoir côtoyé une fille laissée pour morte qui en fait n’est pas morte. Je la voyais jouer des films sentimentaux, sympas à regarder mais pas non plus marquants et là, je l’ai trouvé assez convaincante, même si pour l’intérêt du film, ça aurait gagné à moins se baser sur la relation affective entre la jeune indienne et la journaliste et plus sur le fait social. Et puis, c’était un peu facile, en général, quand on est une personne pleine d’ambition et à l’affût de la promotion sociale, on ne plaque pas tout parce qu’on retrouve un peu de soi dans une autre personne et qu’on se rend compte que la logique capitaliste n’est pas la bonne.

Dans le même sens, c’était dommage de voir l’homme riche, le mafieux tueur de filles se mettre lui-même à la recherche de la jeune indienne survivante pour la tuer de ses propres mains et tuer par la même façon la journaliste américaine. Quand on a autant d’argent, on envoie des hommes faire le « sale boulot » à sa place, c’était plus prenant de le voir à la recherche des deux femmes, mais ça en a perdu en crédibilité en même temps.

Donc voilà, si les films engagés vous intéressent, n’hésitez pas à aller le voir, malgré quelques faiblesses, il a son intérêt. (oh et puis, pour Antonio Banderas, ça en valait bien le coût, il est toujours aussi cute (haha)).

               

Posté par A Cloudy Dreamer à 10:39 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur 12/ Les oubliées de Juarez

    Faut que j'aille le voir samedi prochaiiiin ^^ *pressée*

    Posté par Ally, 02 mai 2007 à 15:14 | | Répondre
  • Très bonne présentation du film (meme si un peu lourd a cert1 mommen)
    ça me donne envie de le voir (bocou tro de bon film a voir en ce moment...lol)
    BREF... bisous.

    Posté par jerem, 04 mai 2007 à 10:58 | | Répondre
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