19 août 2007

32/ Les deux versants d'une histoire

Une petite histoire aujourd'hui :

Un jeune homme et son père se rendirent au cimetière pour pouvoir se recueillir et faire une prière sur la tombe familiale. Vinrent alors deux hommes au loin avec des arrosoirs et des pioches qui allaient venir à la rencontre du père et du fils pour leur proposer de nettoyer un peu la tombe et puis, d'arroser les fleurs. Le père et le fils les voyant venir leur firent des signes agacés leur faisant comprendre qu'ils n'avaient pas besoin d'eux et qu'ils voulaient se recueillir tranquillement. Les deux hommes vinrent quand même pour proposer leurs services mais voyant que les deux personnes ne leur accordaient pas d'attention, ils s'énervèrent, commencèrent à dire qu'ils s'étaient déplacés pour rien avec leurs arrosoirs remplis d'eau, que c'était leur travail de venir arroser les fleurs et qu'ils devaient être payés pour leur déplacement. Le père et le fils leur dirent qu'ils n'avaient rien demandé et qu'ils venaient simplement se recueillir. Des deux côtés, le ton monta, les uns voulant de l’argent, les autres voulant qu'on les laisse tranquilles. Un des deux hommes commençait à menacer avec sa pioche, le père sentant la menace et pour s'en débarrasser au plus vite, leur fila un peu de monnaie à contrecœur en leur disant de maintenant les laisser tranquille. Les deux hommes râlèrent, dirent que ce n'était pas assez et en tout cas, pas suffisant pour qu'ils fassent leur travail et partirent.

Sky1920x1200Résultat: le père et le fils étaient maintenant tous deux énervés. Ils n’avaient qu’une envie, quitter ce cimetière au plus vite et ne plus y revenir, l’endroit n’étant pas sûr. Autant aller à l’église la prochaine fois pour ne plus être gênés et menacés par des importuns qui vous « volent » votre argent de force et repartent ensuite sans plus de soucis. En racontant ce fâcheux incident à des proches, ceux-ci s’exclamèrent également que c’était du vol et que c’était vraiment affreux et désolant qu’on ne puisse plus aller se recueillir tranquillement sans être dérangé par des voleurs, qu’il fallait embaucher un gardien dans ce cimetière pour chasser ces importuns. Maintenant, plus personne n’irait au cimetière et tout le monde se rendrait à l’église, on serait enfin tranquille.

Mais                                                                                       

N’était-ce pas une occasion en or pour ces deux personnes de pouvoir se tester vraiment ? Pourquoi s’horrifier de malheurs internationaux et hurler au scandale en disant que c’est injuste ce qui se passe dans le monde si, face à l’un de nos citoyens, on n’est même pas capable de l’aider ? A quoi sert de faire des dons généreux à l’église pour se laver la conscience si on n’est pas capable de donner un peu de monnaie au pauvre homme devant nous quand celui-ci se présente ?

Pensaient-ils vraiment que ces deux personnes venant leur proposer d’arroser la tombe et de l’arranger pour quelques misérables pièces d’or le faisaient par envie ? Si ceux-ci avaient eu la chance de tomber du bon côté de la route, comme on dit, s’ils avaient reçu une bonne éducation et l’accès au savoir scolaire, feraient-ils vraiment ce boulot ingrat et difficile de quémander de l’argent pour un service dont personne ne veut ? Passeraient-ils leurs journées à attendre en s’ennuyant dans un cimetière l’arrivée de passants et leur bon vouloir de débourser quelques pièces à contrecœur ?

Et puis, se rendaient-ils seulement compte de l’ingratitude dans laquelle étaient placés ces hommes ? Oui, diraient-ils plus tard à leurs proches, ceux-ci puaient, avaient les yeux rouges, certainement ils se droguaient, étaient paumés et volaient les gens. Le jugement, toujours du jugement en pensant qu’on a raison. Mais qu’est-ce que représentent quelques pièces pour des gens qui vivent bien si celles-ci sont données à des gens qui eux, en ont vraiment besoin pour survivre ?

    liberte

Imaginons à nouveau la situation, avec des données neuves.

Le père et le fils, au cimetière, devant la tombe aperçoivent à nouveau ces deux hommes venir. Ceux-ci proposent leurs services et le père et le fils leur sourissent franchement, disent que leur aide serait effectivement bienvenue et avec plaisir et qu’ensuite, ils aimeraient bien qu’on les laisse se recueillir. Les deux hommes sentent la bonne volonté et la gentillesse de ces deux personnes s’approchent alors en souriant. Ils négocient un prix que le père et le fils leur donnent volontiers, précisant qu’ils n’ont rien d’autre sur eux. Les deux hommes font leur travail et partent en souhaitant une bonne journée au père et au fils qui leur rendent leur bonne parole et se recueillent maintenant tranquillement. Ensuite, ils rentrent chez eux.

PlaceLiberte1Nouveau résultat : le père et le fils ont pu se recueillir tranquillement et en plus, en s’achetant les services de ces deux hommes, la tombe est maintenant propre et bien nettoyée. Les deux hommes, eux, sont satisfaits également, on ne les a pas regardés et traité avec mépris en les chassant, on les a au contraire traités comme tout être humain. De plus, ils n’auront pas à réfléchir pour savoir comment se nourrir, ils pourront s’acheter à manger ce soir.

Moralité : attention au jugement, toujours nous jugeons dans notre vie quotidienne et souvent sans se rendre compte. On prend position en entendant une version, mais on oublie qu’il y a toujours deux versants et deux faces à toute chose.

Merci à Dad (source d’inspiration et d’idées énorme par ailleurs) et Jerem’ pour l’inspiration de cette petite histoire que j’ai transcrit à ma façon. =)

Finissions par une citation de Gandhi sur la tolérance à méditer :

« La règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous des angles différents. »

Posté par A Cloudy Dreamer à 21:09 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur 32/ Les deux versants d'une histoire

  • ...j'éspère que certaines personnes se reconnaitrons et entamerons une réelle phase d'ouverture d'esprit...

    Posté par Thitias, 19 août 2007 à 21:37 | | Répondre
  • Belle histoire ! Comme quoi, en étant plus courtois les uns avec les autres, on s'évite pas mal d'ennuis !

    Posté par Johan, 26 août 2007 à 20:26 | | Répondre
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